samedi 19 mars 2011

L'intervention aérienne en Libye (19 mars 2011).


Les cartes ont été actualisées et corrigées.



Les États-Unis d'Amérique viennent d'entrer en action en lançant des frappes navales contre des objectifs militaires pouvant empêcher le bon déroulement des opérations aériennes.
 
Forces de la coalition.
  • Royaume-Uni :  appareils de combat Eurofighter Typhoon (AA essentiellement) et Tornado (attaque au sol), Awacs, ravitailleurs. Frégates HMS Cumberland et HMS Westminster. 
  • Canada : NCSM Charlottetown. 7 CF-18, 2 CC-177 Globemaster, 2 CC-130J Hercules. 
  • Italie : bases aériennes, navires : contre-torpilleur Andrea Doria, navire-ravitailleur Etna, frégate Euro, patrouilleur Libra. 
  • Norvège : F-16 après autorisation du Parlement (?). 
  • Danemark : 6 F-16 arrivés en Italie. 
  • Belgique : 6 F-16 + 1 frégate (?). Chasseur de mines Narcis. 
  • Espagne : soutien naval et aérien : frégate F-100 Méndez Nunez, sous-marin S-74 Tramontana, avion de surveillance maritime CN-235.  
  • Pays-Bas : NC.
  •  France : Rafales & Mirages 2000. Frégate AA Forbin & Jean-Bart. À partir de lundi : Porte-avions Charles de Gaulle, frégates Dupleix (ASM) et Aconit, pétrolier ravitailleur La Meuse.  
  • États-Unis d'Amérique : participation navale avec lancement de missiles de croisières.
Le Portugal,  la Suède, la Pologne, la Finlande, etc soutiennent  l'intervention en Libye n'y participent pas.
À priori, Chypre ne s'oppose pas à l'utilisation de la base d'Akrotiri tandis que Malte refuse toute participation alors que le porte-avion fixe de la Méditerranée aurait permis de raccourcir de manière importante les délais d'intervention. 

Dans son dernier discours, Khadafi a menacé d'attaquer des "objectifs civils et militaires en Méditerranée" mais cela est peu crédible car la marine est très faible comparativement à la flotte coalisée, en particulier lorsque le groupe aéronaval français sera en position. Pour ce qui est des attaques aériennes, Khadafi dispose peut-être d'un très léger créneau mais les forces aériennes coalisées bloqueront rapidement toutes les tentatives libyennes. Enfin, l'ouverture des dépôts d'armes est inutile puisqu'aucune intervention terrestre n'est prévue.

Sources:
Pour une analyse critique de l'intervention, voir le dernier papier de Philippe Leymarie sur son bloc-note, Défense en ligne.
Enfin, pour des compléments sur la situation et les matériels, voir le bloc-note de Stéphane Mantoux (membre de l'Alliance géostratégique).

    vendredi 18 mars 2011

    L'intervention en Libye : état de la situation.



    Avec le vote par le Conseil de sécurité (CS) de l'ONU de la résolution 1973, l'usage de la force contre le régime libyen de Khadafi est désormais possible. Ce vote a été rendu possible par l'abstention des 5 États (sur les 15 que comporte le CS) qui y sont plus ou moins opposés : Russie, Chine, Allemagne, Argentine et Brésil. La non-utilisation du veto par la Chine et la Russie montre l'importance de la pression internationale qui pesait sur ces deux États.
    Actuellement, les États participants à la coalition sont :
    • les États-Unis d'Amérique ;
    • le Canada, avec 6 bombardiers ;
    • les Émirats Arabes Unis ;
    • le Qatar ;
    • la Belgique ;
    • la Norvège ; 
    • le Danemark 
    • la France ;
    • le Royaume-Uni.


    Ces deux derniers États forment le fer de lance de la coalition. Ils peuvent intervenir depuis le territoire métropolitain français (bases aériennes d'Istres et de Solenzara) et des bases (après autorisation) de la RAF à Malte et d'Akrotiri (Chypre). Il est possible que le porte-avion Charles de Gaulle appareille de Toulon pour la Libye lundi prochain.
    La participation de la Norvège est un signe fort car cet État est très "légaliste" en terme d'intervention militaire.
    La participation italienne (elle s'est opposée à l'utilisation de la force) ne devrait être que logistique en permettant l'utilisation de certaines de ses bases. L'Espagne  va donner un certain nombre de moyens non communiqués.
    Les États-Unis d'Amérique (EUA)  vont participer mais on ne sait pas avec quels moyens bien que ces derniers viendront nécessairement de la 6ème flotte.
    La participation de différents États de la Ligue arabe était la condition sine qua non. Dans le cas où l'Arabie Saoudite participerait, on peut se poser la question du lieu de refuge de Khadafi s'il devait se retirer.

    La participation de la France impliquant celle du Rafale, cela devrait lui faire une excellente publicité. Quant à l'Eurofighter Typhoon, qui sera sûrement engagé, cela constituera sa première intervention sur un territoire  d'opération extérieure.


    Sources :

    vendredi 11 mars 2011

    Premières réflexions sur le séisme au Japon.

    Bien qu'inférieur en puissance par rapport au tremblemment de terre de 2004 (8,9 contre 9,1 sur l'échelle de Richter) dont le tsunami consécutif avait fait environ 230 000 morts, le seisme et le tsunami qui viennent de frapper le Japon n'ont fait "que" moins de 100 morts et disparus (pour le moment). Le bilan matériel sera lourd mais les bâtiments parasismiques ont résisté en majorité, les réacteurs nucléaires sont intacts etc ; les principaux dégats sont provoqués par le tsunami. Mais s'ils avaient eu lieu dans les pays moins riches du Pacifique-sud, le bilan humain et matériel serait des centaines, voire plus certainement, desv milliers de fois plus élevé. 
    Cela pose là encore la question du fossé monumental qui oppose les pays du "Nord" et du "Sud" en matière de prévention et de réaction face aux catastrophes naturelles. En particulier dans cette région du Pacifique où la population est extrêmenement nombreuse.

    => Se conférer par exemple  à l'atlas de Virginie RAISSON.

    lundi 7 mars 2011

    Petite géopolitique des Jeux olympiques modernes.


    Le sport est un élément non négligeable de la géopolitique puisque les oppositions entre États se répercutent dessus comme le montre par exemple les boycotts de manifestations sportives (très visible durant la Guerre froide) ou encore le fait qu'Israël soit membre de l'UEFA et non de l'AFC. L'attribution des Jeux olympiques est l'occasion d'une compétition féroce entre les villes candidates du fait du prestige de cette compétition. Aussi, l'étude de la localisation de ces événements exceptionnels permet de voir les rapports de force.


    Comme le montre ce graphique, l'Europe domine largement mais cela s'explique aisément par le fait que c'est le foyer des JO et l'ancien centre de gravité mondial, particulièrement avant la seconde guerre mondiale1 ; un nombre suffisant d'États susceptibles d'accueillir les JO, l'Amérique du Nord ne disposant que du Canada et des États-Unis d'Amérique ; une bonne concentration de sportifs et une bonne capacité financière.

    Ce dernier élément, qui va de paire avec la puissance étatique, est primordial car les dépenses demandées par ce genre d'évènement sont somptuaires pour montrer la puissance de la ville d'accueil – certaines villes ont accueillie à plusieurs reprises les Jeux olympiques comme le montre l'exemple de Londres (3 fois) – et de l'État. Cela explique l'absence de toute olympiade en Afrique, leur rareté en Asie, la quasi-totalité s'étant déroulés au Japon ou en Corée du Sud. L'Australie a obtenu deux olympiades ce qui s'explique par sa puissance économique, son importance géopolitique en Océanie mais aussi une faible visibilité mondiale.

    Les États-Unis d'Amérique ont accueilli le plus d'olympiades, ce qui s'explique très simplement par l'hégémonie de cet État sur le monde et la possibilité d'accueillir les deux types (été & hiver) au contraire d'autres pays. La France suit, ce qui s'explique par le fait que c'est un Français, le baron Pierre de Couvertin, qui a remis au goût du jour cette compétition, son importance géopolitique et sa capacité d'accueil.

    Le Brésil et la Chine ont/vont accueillir les Jeux olympiques, ce qui coorespond à leurs montées en puissance sur l'échiquier mondial.


     Du fait de leurs importances grandissantes, l'Asie et l'Amérique du Sud devraient accueillir de plus en plus fréquemment des olympiades au détriment de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Pour ce qui est de l'Afrique, il est difficile d'imaginer que la flamme olympique ne s'y pose avant 2040-2050 pour le moment. Malgré tout, l'Europe dominera toujours du fait de son avance considérable : il faudrait 400 années pour que tous les continents soient à son niveau.



    État JO été JO été (%) JO hiver JO hiver (%) Cumulé Cumulé (%)
    Afrique 0 0,00% 0 0,00% 0 0,00%
    Océanie 2 7,14% 0 0,00% 2 4,00%
    Asie 3 10,71% 2 9,09% 5 10,00%
    Amérique 7 25,00% 6 27,27% 13 26,00%
    Europe 16 57,14% 14 63,64% 30 60,00%
    Total 28 100,00% 22 100,00% 50 100,00%




     Sources.
    • www.fr.wikipedia.org.

     Notes.

    1Période ne figurant pas sur le graphique.

    vendredi 18 février 2011

    Critique de "Manger peut-il nuire à la santé ? " (édité).


    Diffusé en deuxième partie de soirée sur France 3 le mercredi 16 février, ce documentaire sonne l'alarme sur les dangers de l'alimentation actuelle du fait, entre autres, des nombreux produits chimiques ingérés. Si je ne remettrai pas en cause les conclusions du reportage, je critiquerai plutôt les manquements méthodologiques et les inexactitudes. Je me concentrerai principalement sur la première partie consacrée aux pommes.
    On commence tout d'abord par la localisation géographique du Tastet, l'exploitation agricole cultivant ces pommes : il se trouve non pas à Angoulême mais à Reignac, 30 kilomètres au sud, juste en dessous de Barbezieux.
    Ensuite, le narrateur dit que la France serait le plus gros consommateur européen de pesticide avec « 76 000 tonnes de pesticides répandues chaque année faisant de la France le plus gros consommateur de pesticide » (6min50 environ). Cette information est totalement erronée comme le montre le graphique et le tableau ci-dessous/contre. Outre que l'Italie est devant la France depuis 2002 (il est certes possible que la France soit repassée devant entre 2008 et 2010, mais je n'ai pas cette information actuel-lement), la consommation de produits phytosanitaire a fortement baissé depuis 1997 bien qu'elle se soit stabilisée autour des 75 000 tonnes environ. Ensuite, la France étant le plus grand pays agricole de l'Union Européenne, il est logique que la consommation de produits phytosanitaires soit plus importante. Aussi, le chiffre brut du reportage n'est en aucun cas pertinent (c'est pour ainsi dire la même chose pour le PIB).

    Pour cela, il vaut mieux rapporter cette consommation à la surface agricole utilisée, ce que j'ai fait. On constate que la France est à la 7ème position, loin derrière la Belgique ou l'Italie.
    Enfin, la journaliste a acheté un certain nombre de pommes et le laboratoire a retrouvé la trace de Carbendazime, un produit certes interdit mais dont l'utilisation était tolérée jusqu'au 31 décembre 2009. Le reportage ayant été réalisé durant l'année 2010, il est logique de retrouver des traces de cette substance surtout que rien ne prouve que les pommes achetées soient du « millésime » 2010, les pommes étant stockées durant l'hiver.

    Edit : Voir la réaction de Daniel Sauvaitre sur son bloc-note à propos du reportage.




    Sources :
    Données Eurostats sur les pesticides.
    Emission disponible 7 jours sur Pluzz.




    Version PDF de l'article

    mercredi 16 février 2011

    L'État des forêts dans le monde.

    La consultation des données (cf tableaux) est nécessaire. Le placement des îles du Pacifique État est approximative. Reproduction autorisée avec mention de l'auteur.


    Réalisée (comme d'habitude) à partir des données mises à disposition par l'ONU, cette carte représente deux choses : le pourcentage de surface boisée de chaque pays et l'évolution entre 1995 et 2007 de celle-ci (en pourcentage).

    On constate sans surprise que les États disposant du couvert forestier le plus faible se situent au niveaux des tropiques du Cancer (Afrique du Nord, Péninsule Arabique) et du Capricorne (Amérique & Afrique australes, Australie) auxquels il faut ajouter ceux d'Asie centrale et l'Islande. Si ces États sont naturellement pauvres en forêt, ce n'est pas le cas de certains autres, principalement des îles du Pacifique et des États afrincains ayant dévasté leurs forêts.
    Il apparaît de manière flagrante -- sauf pour des États comme le Brésil (en particulier) ou l'Indonésie -- que les pertes sont importantes au niveaux des forêts tropicales et équatoriales, essentiellement celles d'Afrique et du nord de l'Amérique latine. Cela s'explique par le besoin en terres agricoles (essentiellement pour l'exportation, les agrocarburants...) , de l'industrie forestière, des besoins en bois de chauffage...

    Ces pertes, certes justifiées en partie par les besoins des populations locales, sont une catastrophe en terme de biodiversité -- les forêts équatoriales et tropicales concentrant la majeure partie des espèces --, de lutte contre le changement climatique. On peut également ajouter que la déforestation pour l'agriculture n'est pas viable à terme car cela amène une modification du régime des pluies, une érosion importante et donc un épuisement des sols. 

    Par contre, on constate que les États européens, nord-américains, proche-orientaux  ainsi que chinois et vietnamiens   voient une stagnation ou une augmentation plus ou moins importante de leur couvert forestier. Ici, l'abandon de certaines terres agricoles, une meilleure gestion des forêts explique l'extension de ces dernières.


    Tableaux :
    Sources :
    UNdata.


    Sur le Brésil : voir les différents articles de novembre et décembre 2010 sur le blog Visions cartographiques.


    lundi 14 février 2011

    Critique de lecture : 2033. Atlas des Futurs du Monde.

    « L'avenir n'est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n'as pas à le prévoir mais à le permettre. »
    Cette citation d'Antoine de Saint-Exupéry ouvre en tant qu'épigraphe l'admirable ouvrage de Virginie RAISSON (membre du Lépac, coauteure de l'atlas de l'excellente émission Le dessous des cartes, diffusée tous les samedi à 17h50 sur Arte) et résume assez bien l'objectif de cette dernière. En effet, à partir des données disponibles actuellement, l'auteure trace les grandes tendances que connait/va connaitre notre monde pour nous donner un portrait médian de celui-ci en 2033.

    Ne l'ayant pas encore lu entièrement, ma critique ne sera qu'incomplète, aussi, je vous invite à lire celle qu'en a fait Olivier Kempf sur son bloc-note. Je ne peux que conseiller cet ouvrage qui est très bien écrit, richement illustré (ce qui est un peu normal pour un atlas). Il s'organise autour de la "Sainte Trinité", trois parties divisées en trois sous-parties intitulées :
    • Des vides et des pleins, consacrée à la démographie, les migrations, l'urbanisation ;  
    • Une planète trop peuplée ?, consacrée à l'agricuture, l'eau et la surpopulation ;  
    • En voie de dépassement, consacrée aux énergie, aux signes d'épuisement et au climat.
    Chaque double-page est consacrée à un thème particulier avec un texte, les sources et une carte et/ou un ou plusieurs graphiques. L'auteure remet en cause certaines idées, nous donne des chiffres parfois étonnants (dans le sens où l'on ne se pose que rarement la question qui va avec) mais toujours instructifs.


    Je ne reprocherai actuellement que 2 choses :
    • L'utilisation, le plus souvent, du Produit intérieur brut en parité de pouvoir d'achat (PIB, PPA) en lieu et place du Produit intérieur brut en parité de pouvoir d'achat par habitant (PIB/hab, PPA) qui me parait plus indiqué, plus pertinent (voir page 50 par exemple) ;
    • Pour la cartographie et les diagrammes, on peut regretter quelques incohérences entre le texte -légende- et l'image comme à la page 98 sur l'empreinte aquatique de l'oeuf ou aux pages 58-59 où le texte descriptif et les diagrammes sont inversés. On aura parfois du mal à voir le contraste entre les couleurs de certaines cartes, mais c'est un problème inhérent à la cartographie.


     Je terminerai en vous citant certaines informations de l'Atlas, en espérant que cela vous incite à le consulter :
    • L'année 2017 est estimée comme celle qui verra l'épuisement d'un certain minerai, le diamant auquel on peut ajouter l'or en 2030, l'argent en 2028 ou encore le cuivre en 2044 (page 153) ;
    • Diverses empreintes aquatiques : pour 1 kilogramme de boeuf, il faut 15 500 litres d'eau contre 3 920 pour la même quantité de poulet. En dédicace à mes camarades estudiantins : 280 litres d'eau pour 250 mL de café contre 30 L pour la même quantité de thé (page 98-99).
    •  Enfin, page 59, à propos de l'immigration et accessoirement sur le libéralisme économique :
    "En Europe, [...]  on juge l'immigration plus facilement intrusive sur le plan culturel que bénéfique sur [les plans sociaux, démographiques ou de la consommation et de l'emploi]. Or, selon les calculs de la banque mondiale, l'augmentation de 3% de la main-d'oeuvre des pays industrialisés par l'immigration en 2006 y a dégagé un revenu supplémentaire de 160 milliards de dollars, soit davantage que les gains tirés de la libéralisation du commerce des marchandises. [...] En Italie, où le solde migratoire a été multiplié par 7,5 entre 2000 et 2007, on a constaté que le taux de chômage était passé de 10,1% à 6% sur la même période."


    Références : Virginie RAISSON, 2033. Atlas des Futurs du Monde, Paris, Editions Robert Laffont, 2010. 30€.

    dimanche 13 février 2011

    La révolution tunisienne et ses conséquences sur le monde arabe -2.

    La chute de Ben Ali a finalement eut des conséquences importantes supplémentaires. En effet, après plusieurs semaine de manifestation, le peuple égyptien a obtenu la démission, le  11 février 2011, du président Moubarrak grâce au soutien de l'armée. Cette dernière, dont l'ensemble des présidents de la République arabe d'Égypte sont issus, a promis une transition démocratique vers un pouvoir civil élu. Reste que l'on a aucun détail sur le délai, les modalités (participation ou non des Frères musulmans) de cette élection. D'ailleurs, un militaire pourrait se présenter après avoir démissionner de l'armée d'une manière identique aux élections birmanes
    Aujourd'hui, 12 février, des manifestations demandant un changement de régime en Algérie ont eut lieu. Mais elles ont été rapidement dispersées, les manifestants étant de surcroit peu nombreux. Cela s'explique par la préparation des forces de l'ordre et les mesures prises par le gouvernement pour réduire le mécontentement (baisse des prix). Il est possible que le mouvement prenne de l'ampleur et réussisse bien que cela me paraisse encore improbable pour le moment -mais personne n'avait prévu la chute rapide des dictateurs égyptiens et tunisiens.
    Malgré quelques manifestations au Yémen, une diffusion du mouvement parait à priori lointaine mais pourrait ne pas être sans conséquences, les régimes pouvant alléger la "pression" pour rester en place.

    jeudi 10 février 2011

    Les services de renseignement en France et aux États-Unis d'Amérique.

    Le renseignement repose sur un certain nombre de techniques dont les principales sont  :
    • Le renseignement d'origine sources ouvertes (ROSO) qui représente au minimum 80% de l'information disponible : internet, livres, journaux...
    • Le renseignement d'origine humaine (ROHUM) qui repose sur la récupération de l'information auprès des personnes la possédant, le plus souvent par manipulation1.
    • Le renseignement d'origine opérationnelle (ROOPS)qui repose sur la récupération de l'information par des moyens spéciaux : effraction, surveillance, infiltration2...
    • Le renseignement d'origine électromagnétique (ROEM) qui repose sur la récupération de l'information grâce aux radars, lasers, écoutes téléphoniques, la cryptanalyse...
    • Le renseignement d'origine image (ROIM) ou géographique qui consiste en l'utilisation des satellites d'observations, des avions.

    Ces différentes formes de renseignement sont utilisées pour remplir un certain nombre d'objectifs : renseignements militaire, politique, économique3 ; contre-terrorisme ; contre-prolifération ; contre-ingérence/espionnage. Ces différentes fonctions sont réparties entre plusieurs entités, le plus souvent entre des services de renseignement extérieur et intérieur. Mais elles sont le plus souvent plus nombreuses. Ainsi, les États-unis d'Amérique disposent de 17 agences reconnues et la France, 6.
    Les budgets des deux communautés de renseignement sont extrêmement différents, le budget de certaines agences étasuniennes, voire toutes, est supérieur au budget de la défense français. Depuis 2001, les États-unis d'Amérique ont fait exploser budget, moyens et effectifs comme l'a montré une enquête du Washington Post portant sur l'espionnage des étasuniens eux-même, la multiplication des officines privées entre autres (voir plus bas). 
    Si les moyens français sont inférieurs, ils restent efficaces, soutenus par une législation particulière, et montent en puissance depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence. Ainsi, une direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), résultat de l'absorption de la plus grande part de la DCRG (les renseignements généraux) par la Direction à la sécurité du territoire (DST). Ce développement met fin (?) en partie au retard en terme de culture du renseignement des dirigeants français et de la population en général4.
    Que ce soit aux États-Unis d'Amérique ou en France, le renseignement technique, et plus particulièrement l'informatique, prend de plus en plus d'importance. Ainsi, on peut citer pour les États-Unis d'Amérique la société Palantir qui a développé un outil (à priori génial) de traitement de l'information et de recoupement de celle-ci. La France ne se débrouille pas si mal en terme de renseignement technique, bien qu'il soit impossible de rivaliser avec la NSA et son réseau Echelon. Mais apparemment, le développement de la cryptographie au sein du grand public pour raisons professionnelles ou personnelles (plus ou moins légales) cause quelques problèmes aux services.




    1 On peut se référer aux différents romans de l'écrivain britannique John Le Carré.
    2 On peut se référer ici au personnage de Jason Bourne ou dans la réalité au 13ème régiment de dragons parachutiste (13ème RDP).
    3 L'intelligence économique (voir la vidéo de promotion de la CEIS) est un élément majeur de la « guerre économique » qui fait rage aujourd'hui. Nombreuses sont les chambres de commerce et d'industrie à diffuser des conseils de protection, l'Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques (ANSSI) fait de même.
    4 On pourra se référer au site du CF2R qui milite depuis plusieurs années sur ce sujet. 


    Liens :

      jeudi 3 février 2011

      Les conséquences de la Révolution tunisienne (dite du Jasmin) sur le monde arabe.




      La révolution tunisienne qui a mis fin au "règne" de M.Ben Ali a d'importantes (et le mot est faible) répercussions sur le monde arabe. D'importantes manifestations ont lieu en Égypte et dans une moindre mesure au Yémen, en Jordanie, au Soudan et en Algérie (mais ce n'est que la suite d'un mouvement relativement ancien) avec pour résultat la chute des gouvernements (ministères) des États égyptien et jordanien. Hosni Moubarak et Ali Abdallah Saleh - respectivement président de l'Égypte et du Yémen - vont quitter le pouvoir en 2011 pour le premier, 2013 pour le second.
      Si ces différents mouvements peuvent amener le monde arabe à se démocratiser en partie, il ne devrait pas changer grand chose sur deux sujets :
      1. l'opposition à l'Iran dont la menace nucléaire reste trop présente (d'après Olivier Kempf, un rapprochement turco-arabe ne serait pas à exclure);
      2. le dossier israélien même si la pression s'accentuerait quelque peu, Tsahal restant une menace classique trop importante pour un conflit ouvert rendu d'ailleurs impossible par l'arme nucléaire israélienne. Par contre, on peut se demander quelles seront les conséquences à plus ou moins long terme pour Gaza.
      Je finirai en disant qu'il me parait peu probable que les gouvernements marocain et algérien tombent pour plusieurs raisons :
      • du fait d'un taux d'alphabétisation moins développé que pour la Tunisie (voir sources) ;
      • d'un taux plus faible d'utilisateur d'internet  (qui ne fait pas tout, loin de là) ;
      • d'un pouvoir central plus fort pour le Maroc grâce à la monarchie.
      Données UN Data.






















      Sources hors-ligne :
      • Un monde à l'envers. Atlas du Monde diplomatique, 2009. Page 120. 

      samedi 29 janvier 2011

      Les véhicules individuels en Europe : un petit comparatif.

      L'une des principales sources d'émission de gaz à effet de serre est le transport. Si une part non négligeable de ces émissions proviennent des véhicules assurant la logistique (camions, avions principalement), les véhicules particuliers jouent un rôle essentiel. Le taux d'équipement est un élément montrant le niveau de vie, le développement de solutions de transport alternatives (qui feront l'objet d'un autre billet) et dans une moindre mesure l'étalement urbain.
      Les États des Balkans sont sans surprise ceux qui ont le taux d'équipement le plus bas du fait de leur "retard" économique. Les anciens pays communistes suivent : Pologne, République Tchèque... Les paradis fiscaux luxembourgeois et liechesteinien sont en tête, ce qui n'a rien d'étonnant.
























      Graphique avec méthodologie :





      jeudi 27 janvier 2011

      Les émissions de CO2 par habitant : un classement inquiétant. [refondu]


      SOBOCINSKI Antoine. Reproduction avec mention de l'auteur autorisée.





























      A partir des données de l'ONU, qui permettent de remettent le classement habituel des pays émetteurs de CO2 (1er : États-Unis d'Amérique/EUA ; 2ème: Chine), j'ai réalisé la carte et le graphique qui illustrent cet article.

      Si l'Afrique subsaharienne concentre les États et territoires les moins émetteurs puisque parmis les moins avancés (PMA), aucun des États du G8 n'est situé dans le top 10 de ce classement. Ce top 10 ne comprend qu'un pays "occidental", le Luxembourg (1), 8  États pétroliers (2) et les îles Falkland (3) :
      1. La taille du Grand-Duché du Luxembourg (2586 km²) doit expliquer sa position, le mode de vie "occidental" et les activités industrielles étant trop importantes par rapport à la population luxembourgeoise.
      2. Ces 8 États (Qatar, Bahrein, Koweït, Antilles néerlandaises, Émirats Arabes Unis, Trinité-et-Tabago, Brunei Darusalem et Aruba) sont handicapés par l'extraction et/ou le raffinage des hydrocarbures qui sont naturellement extrêmement polluantes. Là encore, la population est trop faible par rapport aux émissions. On peut également ajouter les émissions dues aux activités touristiques et à l'augmentation du niveau de vie.
      3. Pour les îles Falklands/Malouines/Malvinas, cela doit s'expliquer par la présence massive de moutons1 (700 000 têtes en 2007), les activités de pêches et une population extrêmement restreinte (2 913 habitants d'après le Larousse 2008).
      On peut effectuer des raisonnements similaires pour de nombreux États :
      • Les pays pétroliers comme l'Arabie Saoudite (qui n'est pas dans le peloton de tête du fait d'une population plus nombreuse et au mode de vie peu être un peu moins polluant, Oman). Les États-Unis et le Canada sont dans le même cas (mais d'autres facteurs rentrent en compte).
      • Les "vieux" États de l'Union Européenne  souffrent d'un mode de vie polluant(plus la population est réduite, plus l'État est mal placé : Finlande, Irlande) tout comme l'ensemble des pays dit "occidentaux" : les États-Unis, le Canada, l'Australie (pour laquelle il faut inclure les émissions de  85 711 187  moutons), le Japon, la Corée du Sud... Ce mode de vie est extrêment polluant car basé sur la consommation, l'automobile, l'avion...
      • Les pays communistes ou ex-communistes qui souffrent d'une industrie extrêmement polluante : Russie, Pologne, Mongolie, Chine. Ces États sont égelement touchés petit à petit par le mode de vie des précédents.
      • Les petites îles du Pacifique ou des Antilles sont mal notées car disposant d'une population peu nombreuse et vivant pour une large part du tourisme (avion, maisons luxueuses, climatisation...). 
      • Le Brésil, l'Inde, malgré une croissance importante, ne polluent pas de manière importante du faut d'une politique de développement durable à priori2 relativement efficace et/ou d'une forte inégalité au sein de la population. La Chine est également passée par là mais pollue de manière trop importante malgré des efforts pour réduire son impact environnemental3
      Chaque habitant ne devant émettre plus de 2 tonnes de CO2 par an en 2050 si nous voulons réduire notre impact sur la planète, on peut se demander si l'on réussira. En effet, des pays dont le mode de vie de ses habitants est relativement peu émetteur de gaz à effet de serre voient leur émissions nationales d'ors et déjà supérieures (voire très supérieures) à cette barre fatidique. Si les nations "occidentales", pétrolières et certains pays émergents (Chine, Brésil) ont les capacités technologiques et/ou financières de réduire leurs émissions (rénovation des bâtiments, amélioration des transports, énergies renouvelables... Voir les travaux de l'association Négawatt), cela n'est pas le cas de nombreux États du "Tiers-Monde". Seul un soutien massif des États du Nord permettra de développer de manière durable le Sud.


      Notes :


      1.  Je ne sais pas si les données de l'ONU les prennent en compte.


      2. Je dis bien à priori puisque le Brésil développe des agrocarburants qui prennent la place de cultures vivrières, ont un bilan carbone pas forcément positif, surtout en participant à la disparition de la forêt amazonienne qui continue à disparaitre à vitesse rapide.


      3.  La Chine a déposée en 2009 (?) 7% des brevets touchant le photovoltaïque et est loin devant la France sur ce domaine ainsi que pour l'éolien par exemple.  Guillaume Sainteny, "Les enjeux géopolitiques des énergies naturelles renouvelables" , Questions internationales n°45, La Documentation française, septembre-octobre 2010.


      Graphique :




      Pour plus de lisibilité, vous pouvez télécharger le PDF.


      Sources :

      mercredi 26 janvier 2011

      L'aide publique au développement : un petit classement.



      Attention : les résultats suivants sont issus de calculs effectués à partir de données disponibles sur UNDATA. Les mêmes données sont disponibles (gratuitement ou non) sur le site de l'OCDE et donc plus fiables.
      Reproduction autorisée avec mention de l'auteur.
      L'aide publique au développement (APD)1 est une des composantes de la diplomatie, du soft power. Le tableau et le graphique que vous voyez ci-dessus classent différents États selon la part de leur revenu national brut en parité de pouvoir d'achat versée au titre de l'APD et ce pour l'année 2008. Les données que l'on trouvera sur le site Eurostats diffèrent assez fortement, sans doute à cause de la non-utilisation par Eurostats du PPA2
      On peut constater que les plus gros donateurs bruts se retrouvent en fait derrière, les États-Unis d'Amérique étant le meilleur exemple avec une chute de 22 places ! On constate également que les meilleurs élèves sont les pays scandinaves et le Benelux, les pays latins étant derrière pour ce qui est de l'Europe. Le Japon a souvent joué sur l'aide publique au développement (outre la culture) pour influencer les autres pays. La chasse à la baleine est l'un des domaines où cela a pu jouer. Mais finalement, le Japon contribue relativement peu, tout comme l'Allemagne, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et – surtout – la Corée du sud.

       Carte


      Reproduction autorisée avec mention de l'auteur.

      Données UNData :






      1 Aide publique au développement (APD). Montant net des dons et des prêts accordés aux pays et aux territoires figurant sur la liste des bénéficiaires du Comité d'aide au développement (CAO) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), par des organismes publics des membres du CAO, avec pour objectif principal la promotion du développement économique et du bien-être, à des conditions de faveur (dans le cas des prêts, l'élément assorti de conditions libérales doit être d'au moins 25 %). Les chiffres des versements nets d'APD se fondent sur les données de "OCDE pour les pays du CAO, les organismes multilatéraux et les pays arabes. Définition du PNUD.


      2 Si jamais la méthode que j'ai utilisé (diviser le montant d'APD par le RNB/PPA donnés par UNData : 2 tableaux différents) est invalide, merci de bien vouloir me le dire et pourquoi ?

      mardi 25 janvier 2011

      Le Japon : petite approche géopolitique.

      Reproduction autorisée.



      Le Japon vient d'installer pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale une base sur un territoire extérieur, à Djibouti.
      Cette installation est le dernier accomplissement de la politique étrangère nipponne qui tend vers un intervientionnisme de plus en plus important. En effet, le Japon s'est tout d'abord lancé dans quelques opérations internationales de maintien de la paix avant de s'engager en Irak sous couvert de reconstruction et d'aide humanitaire pour finir avec une intervention dans le golfe d'Aden pour escorter les navires de commerce.
      C'est cette dernière intervention, dans une région stratégique primordiale pour le Japon (mais aussi pour les pays européens, les États-Unis...), qui a ammené l'installation de cette base.

      Le Japon joue aussi sur son influence culturelle, particulièrement en Asie (bien que la Corée du Sud prenne de plus en plus d'importance), en Europe et au États-Unis comme le montre le succès des mangas, Japan expos... Cette influence culturelle a sans doute un certain effet de désarmorçage des tensions entre le Japon et les pays "victimes" durant la seconde guerre mondiale et avec qui il reste des contentieux territoriaux (îles Sentaku pour la Chine et Takeshima pour la Corée du sud) bien que cela doit être difficile à quantifier.
      Le Japon a joué également, et joue encore mais dans une moindre mesure, avec l'aide au développement pour les pays en voie de développement.


      Sources :

      jeudi 20 janvier 2011

      Quel rôle pour l'opération Licorne ?

      La situation en Côte-d'Ivoire étant toujours bloquée, la solution d'une intervention militaire se profile de plus en plus, les forces armées des États africains étant prêtes à passer à l'action. Une telle intervention ne pouvant se faire à priori sans l'autorisation de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et donc sans le soutien de l'ONUCI, on peut se poser la question du rôle que pourraient jouer les soldats français ?

      La France ayant été fortement critiquée pour son "néocolonialisme", la France a tout intérêt à ne rien faire, se contentant de fortifier ses positions et à préparer une intervention pour récupérer les ressortissants étrangers présents sur place (comme en 2004). La récupération des ressortissants sera certainement nécéssaire, des élements (in)contrôlés du camps de Laurent Gbagbo pouvant s'en prendre aux représentants du "colonisateur". 

      Mais la force Licorne a pour mandat d'appuyer l'ONUCI (plusieurs officiers français y sont incorporés) et donc de facto d'affronter les forces "gbagboniennes" en cas d'engagement de l'ONUCI. Or, la France ne devant pas intervenir pour améliorer son image diplomatique auprès des Ivoiriens et des Africains "noirs" plus généralement, on peut se demander quels seront les ordres que l'Elysée donnera et si l'ONU déchargera la force Licorne de son mandat.

      dimanche 16 janvier 2011

      Un oeil sur la planète : la Corée du sud.

      France 2 a diffusé dans la nuit du 03 au 04 janvier un numéro de l'émission Un oeil sur la planète  consacré à la Corée du sud, État d'Asie largement méconnu comparativement à son voisin nippon.
      Le 1er reportage consacré au chaebol Samsung nous montre un univers de travail (et d'éducation) très différent du notre mais également que la France, plus simplement l'Europe, et même les États-Unis d'Amérique, sont totalement dépassés devant la puissance de frappe du conglomérat (1/5ème du PIB sud-coréen) dans les domaines de la construction naval et surtout de l'électronique.
      J'ai également  découvert avec étonnement l'importance de la culture coréenne, bien plus influente que je ne le pensais, notamment via les drama, séries télévisées. L'influence culturelle niponne est plus importante en France mais on peut se demander si elle ne risque pas d'être suplantée à plus ou moins long terme. Le dernier reportage montre quand à lui l'importance de la religion dans cette société touchée par le plus fort taux de suicide au monde.
      Le reportage sur la situation de guerre persistante n'était pas le plus interéssant, car pas très développé, seule l'existence d'un ministère de la réunification m'étant inconnue. Pour des détails sur les forces armées sud-coréennes, se conférer aux DSI n°48, 58 et 64 ainsi qu'aux DSI-HS n°11, 12 et 14 par exemple (pour les effectifs qui figurent sur les cartes).