vendredi 29 juillet 2011

Quelques chiffres tirés du Monde diplomatique d'août 2011.

États-Unis d'Amérique :

  • Contrôle de la richesse nationale.
- 1974 : 0,1 % des États-uniens contrôlent 2,7 % de la richesse nationale.
- 2007 : 0,1 % des États-uniens contrôlent 12,7 % de la richesse nationale.

  • Groupes de pression (lobying).
- 1971 : 175 entreprises disposent de lobyistes à Washington. 
- 1982 : 2500 entreprises disposent de lobyistes à Washington. 
  •  Taux d'imposition moyen des 0,01 % les plus riches.
- 1970 : 75 % environ.
- 2011 : 35 %.
  • Élections, médias.
- Coût d'un spot politique de 30 secondes : 2 000 $ en 2008 ; 5 000 $ en 2010. 
- Les 2/3 des dépenses de campagnes de 2010 sont allées dans les caisses des chaines de télévision : cela représente 20 % des revenus publicitaires des chaines commerciales (3 % en 1990).

Marrakech (Maroc).
  • Tourisme.
- 1 million de touristes en 2001. 
- 1,8 million en 2010.
  • Hôtellerie.
- 1973 : 25 hôtels.
- 2011 : 152 hôtels, soit 30 % de parc hôtelier marocain.
  • Prix de l'immobilier dans la Médina.
-  Une maison achetée et rénovée en 2003-2004 pour 80 000 € est revendue pour 200 000 € en 2006.

Calcutta (Inde).
 - 1/3 des 4,5 millions d'habitants (13 millions pour l'agglomération) vivent dans des slums (bidonvilles) contre 55 % à Bombay.

Hambourg (Allemagne).
- 1 enfant sur 5 vit sous le seuil de pauvreté.
- 26 des 300 plus grosses fortunes allemandes résident à Hambourg et représentent 44 milliards d'euros, soit 50 % du PIB de la ville.
- 31 des 627 contribuables ont été contrôlés par le fisc en 2010.
- Les résidents de la Marco Polo Tower (tour écologique où le coût moyen d'un appartement est de 3,7 millions d'euros) reçoivent les fumées des paquebots situés à proximité. Cela représenterait les émissions de poussières de "50 000 camions fonçant à 130 km/h, à quoi s'ajoutent d'importantes quantités de dioxyde de soufre, de dioxude d'azote et de particules cancérigènes".

samedi 23 juillet 2011

L'échec des services de renseignement norvégien

L'attentat qui a frappé le 22 juillet la Norvège serait finalement politique vu le profil de l'auteur de la fusillade : les cibles étant le gouvernement et un camps de jeunes travaillistes (parti politique au pouvoir). Premier attentat réussi touchant la Norvège, on peut émettre les explications suivantes pour la non-détection par les services de renseignement intérieur norvégien (Politiets Sikkerhetstjeneste) :
  1. Anders Behring Breivik (s'il s'agit bien de lui) a peut-être agit seul pour commettre cet attentat, ce qui rend la détection de tels agissements extrêmement difficile. Mais s'il n'a pas de passé militaire, où a t-il récupéré les connaissances necéssaires pour créer la bombe ? S'il a utilisé internet, il a dû utiliser de nombreux moyens pour se couvrir : proxy, Tor... Il est également possible qu'il ait récupéré des ouvrages sur le sujet, auprès d'autres membre de groupuscules d'extrême-droite, mais dans ce cas-là, il n'a pas agit seul.
  2. Étant agriculteur, il a pû récupérer de grandes quantités d'engrais pour créer sa bombe. Mais n'étant pas expert en explosif, quelles quantités furent nécessaires et est-ce que cela n'aurait pas pu paraître suspect ? Sinon, quels explosifs a-t-il utilisé et comment se les ait-il procurés ?
  3.   La Norvège ayant été menacée à plusieurs reprises par des groupes terroristes islamistes, il est très probable que les services de renseignement norvégien aient concentraient leurs moyens de surveillance sur les membres de la mouvance islamiste norvégienne au détriment de la surveillance des groupuscules d'extrême-droite. En conséquence, on peut prévoir soit une réorientation de ces moyens, soit une augmentation de ceux-ci. 
Bien que ce double attentat constitue un échec pour le Politiets Sikkerhetstjeneste, cela ne remet pas en cause leur travail puisque la problème des services de renseignement, c'est qu'en général, on ne connait que les échecs. 
Lors des dernières élections, l'extrême-droite norvègienne a rassemblée 22,9 % des voix. Il sera intéressant de voir quel sera l'impact de ces attentats sur le soutien à l'extrême-droite. 

    dimanche 17 juillet 2011

    Quelques chiffres sur le château de Versailles.


    La construction du château de Versailles passe pour avoir été très dispendieuse des deniers (ou plutôt des livres) de l' État, surtout quand on compare par rapport au niveau de vie de la population.
    À partir de l'ouvrage Versailles, le pouvoir de la pierre, on peut donner les chiffres suivants :
    1. De 1664 à 1690 :
      • Versailles (construction, eaux & jardins) : 52 420 010 livres dont 3 276 347 livres pour la machine de Marly ;
      • Trianon : 2 208 742 livres ;
      • Clagny : 1 986 209 livres ;
      • Marly : 4 218 044 livres.
    Soit un total de 60 833 005 livres.
    1. De 1690 à 1715 : environ 20 millions de livres.
    Au total, Louis XIV aura dépensé entre 1661 et 1715, la somme de 82 millions de livres, soit le coût de 2 ou 3 campagnes militaires ou un peu plus que le déficit budgétaire de 1715 (page 283). En 1706, les dépenses extraordinaires de guerre (soit une partie des dépenses militaires) représentent 100 millions de livres. Le coût de Versailles est donc à relativiser comme le montre l'exemple de l'année 1683 (p. 183) :
    Dépenses totales : 115 millions de livres dont
        • 65 millions pour l'armée, la marine et les fortifications de Vauban, soit 56 % du budget ;
        • Dépenses de Cour, pensions à la noblesse et Versailles : moins de 10 % dont 2 ou 3 millions pour Versailles (graphique p. 284).
    Malgré tout, un tel montant pour des dépenses touchant très peu de gens peut tout à fait nous paraître exorbitant, surtout que c'était la cas pour l'époque comme le montre l'exemple d'Ézéchiel Spanheim, ambassadeur de Brandebourg vers 1690 (p. 282) ou de Turgot sous Louis XVI qui fera abaisser ces dépenses (p. 175).


    Source : Joël CORNETTE, Versailles. Le pouvoir de la pierre, Paris, Éditions Tallandiers, 2006.






    vendredi 15 juillet 2011

    Éva Joly et le défilé (militaire) du 14 juillet.

    À l'occasion du dernier défilé du 14 juillet, la candidate franco-norvégienne et écologiste Éva Joly a proposé de remplacer un défilé « militaire » qui « correspond à une autre période », l'armée ne correspondant pas à certaines valeurs qu'un défilé « citoyen » représenterait.
    Si je ne m'abaisserais pas à attaquer Mme Joly sur sa double nationalité ,– qui peut expliquer un attachement moindre au défilé mais ne remet pas en cause ses compétences et son attachement à la France et à ses valeurs –, je ne peux que m'opposer à cette idée. En effet, si le défilé dans sa forme actuelle est coûteux (4 millions d'euros ?) et polluant, sa suppression complète ne me paraît pas une bonne idée pour les raisons suivantes :
    • C'est l'un des rares moyens de conserver un lien armée-nation ténu1 : la disparition d'un tel défilé serait catastrophique et éloignerait encore plus l'armée du reste de la nation, éloignement causé par une restriction des droits2 et le manque d'éducation à la défense de la population.
    • Les défilés militaires ne sont pas anti-républicains puisque courants sous la République romaine, française depuis 1880 et dans plusieurs démocraties (Espagne).
    • Le défilé est bien plus sobre que ceux des dictatures et certains scandales sur la venue de certains chefs d'État n'est qu'un choix du gouvernement, non de l'armée qui lui est subordonnée.
    • Le défilé actuel n'est pas militaire mais « régalien » puisqu'il rassemble des militaires et des civils (sapeurs-pompiers, polytechniciens et policiers).
    Par contre, étant régalien, le défilé actuel peut effectivement être critiqué pour son manque de représentants de la société civile mais les rassemblements autours des bals et des feux d'artifices y suppléé tout à fait à mon sens. Si un défilé citoyen devait être mis en place, les membres du défilé régalien devraient y être présent, même moins nombreux. 

    Sources.
    Le Monde.

    Notes. 
    1 Voir à ce sujet le bloc-note du Monde diplo, Défense en ligne.
    2 Droit de se syndiquer, devoir de réserve.

    mardi 7 juin 2011

    Jean-Pierre Chevènement et l'énergie nucléaire : une grosse erreur (à mon avis).

    Dans un petit message posté sur son bloc-note, Jean-Pierre Chevènement réaffirme son soutien à l'énergie nucléaire en taclant une fois de plus l'Allemagne. Si certaines de ses analyses sur l'euro, l'union européenne, l'industrie sont très interéssantes, je pense qu'il fait une erreur grossière ici. Je vais répondre point par point à son billet.

    1. "La décision de sortir du nucléaire, que les Verts veulent imposer au PS, serait suicidaire pour la France."  
    Il me parait improbable que le PS soit obliger de s'aligner pour des raisons d'alliance politique sur la position antinucléaire de EELV. En effet, les Français accordant une place de plus en plus importante à l'écologie et donc au nucléaire, surtout depuis l'accident de Fukushima, il est normal que les Socialistes se posent la question.

    2. Pour J-P Chevènement, le maintien du nucléaire est une question d'intérêt national pour deux raisons :
    • "celui de notre approvisionnement énergétique"
    • "celui d’une des rares filières technologiques d’excellence, où la France se trouve au premier rang mondial" 
       Avec 75 % de la production d'énergie électrique françaisea, le nucléaire est effectivement très important et son bon fonctionnement est réellement une question d'intérêt national. Mais quand on sait que le combustible provient de pays étrangers comme le Niger, nous ne sommes donc pas indépendant énergiquement. De plus, l'insécurité de la région comme le montre l'enlèvement de plusieurs employés d'AREVA amène une implication militaire et diplomatique française dérangeante pour certains (appui à des dictatures, Françafrique...). 
    Si la France est dans le peloton de tête en matière de technologie nucléaire, je ne suis pas certain que cela soit désormais ou du moins à moyen terme un atout. En effet, le coût croissant de la filière nucléaire (coût de la technologie EPR élevé comme le montre l'exemple du réacteur Olkiluoto 3b, coût du traitement/stockage des déchets, du démantèlement des centrales, de la dépollution des terrains) alors que celui des énergies renouvelables ne cesse de baisser pose problème. Il faut aussi ajouter que ce leadership technologique n'assure pas la réussite des contrats, loin de là comme l'échec aux Émirats arabes Unis le prouve.
    En terme de politique industrielle, si l'État souhaite soutenir un tissu de PME/PMI plus développé, plus solide, il me parait plus intéressant de soutenir la filière du développement durable dont le potentiel en terme d'emplois me parait plus important que celle du nucléaire dont les besoins humains et financiers nécessitent de grands groupes. Malheureusement, le retard de la France par rapport à des pays comme l'Allemagne, le Japon, la Corée ne nous permettra vraisemblablement pas d'obtenir une supériorité technologique comme celle que nous avons aujourd'hui avec le nucléaire. De surcroit, les technologies "vertes" requièrent des quantités croissantes de terres rares dont la production est contrôlée à hauteur de 90 % par la Chine bien qu'elle ne dispose "que" de 50 % des réserves mondiales. Mais on peut espérer contrebalancer cette domination chinoise grâce à une politique de long terme mais la France ne sera pas indépendante sur cette ressourcec.


    3. "Fukushima a d’abord été un accident naturel lié à la vague du tsunami qui a noyé les centrales de refroidissement. Aucune décision ne peut être prise en la matière sous le coup d’une émotion même légitime. Le choix de l’Allemagne est désastreux pour l’Europe et d’abord pour elle-même. C’est le charbon qui va remplacer le nucléaire. Bonjour le CO2 !".
    Si la précipitation est souvent mauvaise, la politique de soutien au développement durable par l'Allemagne depuis Tchernobyl ne permet pas de dire que le gouvernement allemand se lance dans le vide. Par contre, le revirement de Mme Merkel et le plan proposé sont effectivement criticables et critiquésd. A priori, les énergies renouvelables pourraient donc suppléer à la fin du nucléaire allemand. 
    Le fait que que l'accident de Fukushima soit d'origine naturelle incite à dire fort logiquement que le renforcement de la sécurité des centrales face à tous les risques pourrait suffir. Mais cela ne règle pas les autres problèmes soulevés, l'abandon à terme est donc logique à moins que l'on puisse maitriser la fusion nucléaire qui semblerait prometteuse (mais d'ici quelques décennies).
    Le remplacement par le charbon n'a rien d'évident car l'Allemagne peut utiliser le gaz et les énergies renouvelables à la place, minimisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre. Enfin, la filière nucléaire rejette du CO2 : construction, entretien des infrastructures de production, déplacement des employés, traitement et stockage des déchets sur des centaines, des milliers d'années. 


    La dépendance extrême de la France pour le nucléaire ne peut nous permettre de sortir du nucléaire d'ici d'aussi brefs délais qu'une Allemagne peut-être trop optimiste (2022) ou la Suisse. Mais la France doit soutenir la création d'une filière solide dans le domaine du développement durable, d'ailleurs EDF ou GDF-Suez, groupes nucléaires se sont déjà lancés dans les énergies renouvelables. Nous devons suivre le scénario négawatt en finançant la construction de bâtiment HQE voire passifs et surtout en rénovant l'isolation du bâti déjà construit. Il faut repenser l'urbanisme en arrêtant de séparer quartiers d'habitations, commerces (en particulier les grandes surfaces) et industrie (pas trop nuisante non plus). L'organisation et le soutien au niveau européen des réseaux ferroviaires et fluviaux doit être un objectif.


    Notes.

    a. 410 des 542 TWh de la production électrique brute française en 2009, Commissariat général au développement durable.

    b. "Olkiluoto 3, le premier réacteur européen mis en chantier depuis la catastrophe de Tchernobyl, est toujours en cours de construction. Avec quarante-deux mois de retard et un dépassement budgétaire de 90 %, ce réacteur est embourbé dans un contentieux amer entre Areva et l’opérateur finlandais." Praful Bidwai,"Atome contre biodiversité à Jaitapur", Le Monde diplomatique, janvier 2009.


    c. Olivier Zajec, "Comment la Chine a gagné la bataille des métaux stratégiques", Le Monde diplomatique, novembre 2010.

    d. Le Monde, 06 juin 2011. 


    Liens. 

    dimanche 29 mai 2011

    Notes sur le Monde diplomatique n°686 (mai 2011).

    Cet article sera complété au fur et à mesure.
    1. Travail des ingénieurs-informatiques :  ingrat, imprécis. Non-respect du niveau d'étude avec des Bac+5 dirigés par des Bac+2 commerciaux.
    2. Cybersexe : ratio paye/durée de travail faible, exploitation des travailleurs, utilisation des paradis fiscaux pour l'accueil des serveurs, permettrait le maintien de la fidélité au sein des couples, apparition du xxx ; importance du secteur.
    3. Islande : remise en cause de l'hégémonie du parti islandais (PI) dont le fonctionnement est clientélaire avec ses ténors qui contrôlent l'économie.
    4.  Droit d'ingérence : crée pour protéger de petits États contre de plus grands, tout usage de la force étant prohibé sauf légitime défense ou après  autorisation du conseil de sécurité de l'ONU (CS/ONU) après l'utilisation du maximum de solutions diplomatiques. La Cour pénéla internationale (CPI) peut désormais juger des chefs d'États en exercice mais n'est pas reconnu au sein du CS/ONU par les États-Unis d'Amérique, la Chine et la Russie. 1988 : le droit d'ingérence humanitaire est accordé aux ONG puis aux États en 2005-2006. Mais division des États membres de l'OTAN pour la Libye. Nouveau vocable : "Intervention militaire pour protection humanitaire". Politisation des Droits de l'Homme => 2 poids, 2 mesures. La Ligue arabe demande une zone d'exclusion aérienne au dessus de la bande de Gaza. Problèmes juridiques mais mise en place difficiles à cause de la variable politique. Réforme du CS/ONU nécessaire ; État-major permanent à l'ONU, prévu par la Charte, non appliqué. ONU : pacifisme actif.
    5.  Côte-d'Ivoire : affrontement des deux camps (Ouattara vs Gbagbo) via la presse et les agences de communication. 1960-1990 : Monopole de la Radio-Télévision ivoirienne (RTI) et de Fraternité matin ; éducation du peuple. Post-1990 : nouveaux journaux, favorisé par des formalités administratives peu nombreuses et un pouvoir d'achat élevé pour un État africain. Mais la propagande des partis politique amène un désintérêt pour la presse et une dispartion d'un certain nombre de titres. Impact également des "titrologues". 1993 : radios internationales (RFI, BBC...) autorisées à diffuser. 2002 : Coupure de la diffusion des radios internationales, des radios et journaux pro-Ouattara. Appels contre le Burkina Faso. 2010 : RTI soutient Gbagbo en ne retransmettant pas la proclamation des résultats par la commission électorale indépendante mais en retransmettant la décision de la Cour constitutionelle et la cérémonie du serment. Gbagbo utilise également l'agence RSGG, filiale de Havas, filiale du groupe Bolloré dont les journaux soutiennent Gbagbo. Des membres du PS (Labertit), de l'extrême-droite soutiennent également Gbagbo tout comme les avocats Vergès et Dumas qui reprennent des argument de la RTI. Ouattara riposte en s'appuyant sur l'agence PBcom (de Patricia Balme) et en créant la Radio de Côte-d'Ivoire (TCI) à la fin du mois de janvier 2011. Le 11 avril, la force Licorne neutralise la RTI.
    6. Médecins roumains :  Depuis 2007, 5 000 des 42 000 médecins roumains se sont expatriés en Europe occidentale (dont 25 % en France) alors que le ratio médecin/1000 habitants est déjà deux fois inférieur à la moyenne européenne. Cela s'explique par une meilleure paye, le résultat d'un plan d'austérité rude et le mauvais état du système de santé roumain. Cela s'explique par un mauvais financement (4 % du budget annuel), d'un système d'assurance maladie au bord de l'implosion (1 contribution pour 2,75 bénéficiaires). Les hôpitaux dépendant des municipalités, les considérations politiques jouent un rôle important. Des prestataires privés offrent d'importer ces médecins en Europe occidentale, en particulier dans les communes rurales souffrant d'un déficit de médecins. Certaines universités roumaines ont mis en place des fillières de formation francophone à frais d'inscription élevés mais sans concours pour attirer des étudiants français. Création en Roumanie de dispensaires semi-privés. 
    7. Al-jazeera :  Dénoncée comme partiale (Syrie) voire interdite (Libye). 2 mars 2011 : Hillary Clinton proclame que les chaines d'informations étatsuniennes perdent la guerre de l'information à cause de l'abus de la publicité et des experts contre une meilleure qualité pour Al-jazeera (AJ). AJ est plus libre que Al Arabiya (Arabie Saoudite) comme le montre le limogeage du journaliste Hafez Al-Mirazi, chaine panarabe qui disposait du monopole jusqu'à la création de AJ. Cette dernière serait plus libre, plus représentative mais code vestimentaire strict. 5 femmes ont demissionnées. La politique est réservée aux hommes. AJ se revendique comme panarabe, islamisante et libérale. Vrais débats entre idées et nations différentes => espace public transnational. Ouverture vers Israël via des interviews mais antiaméricanisme. Soutien du "Printemps arabe" mais pas dans les pays du Golfe (Bahreïn). 
    8. Tunisie :  
    9. Syrie :
    10. Turquie

    dimanche 15 mai 2011

    Pourquoi la France (et l'Union européenne) doit soutenir la Palestine et non Israël.

    Avertissement : Je ne remet en aucun cas l'existence d'Israël en cause. 




    Actuellement, la France et l'Union européenne, malgré une aide financière, ne fait pas grand chose pour soutenir la formation d'un État palestinien viable alors qu'elle se couche (presque) devant Israël1, État ne respectant pas de nombreuses résolutions de l'ONU, contrôlant l'accès à l'eau, construisant une barrière favorisant sa colonisation de la Cisjordanie. Ce soutien à Israël n'est pourtant pas très logique, ou plutôt peu rationnel2, puisqu'ils existent plusieurs raisons d'inverser le soutien, notamment par une solide mission militaire :
    • Légal & moral: Israël ne respecte pas résolutions et traités ;
    • Économique : les États de la région soutenant plutôt la Palestine (le renversement actuel de certains régimes alliés à Israël peut renforcer cette idée), il serait logique de s'en rapprocher, surtout que la balance commerciale française avec Israël n'est bénéficiaire que de 100 millions d'euros quand celle-ci est d'ores et déjà bénéficiaire de 3,6 milliards avec le trio Émirats arabes Unis-Arabie Saoudite-Iran3.
    • Diplomatique : le prestige que rapporterait un soutien à la Palestine serait plus important que celui que nous rapporte le soutien à Israël. Surtout, si la France et/ou l'UE parvenait à renvoyer Israël dans des frontières acceptables. 
    • Électoral (mauvais argument, je vous l'accorde) : les musulmans représentent environ 7 à 10 % de la population française quand les juifs ne représentent que moins de 1 % de cette dernière. 


    Notes
    1. Alain Gresh, "Tel-Aviv piétine ses alliés", Monde diplomatique n°673, avril 2010.
    2. "On fait une fréquente confusion entre une décision « rationnelle » et une décision « logique ». Or, les deux concepts doivent être distingués avec rigueur. Il faudrait donc limiter l’emploi de « rationalité » à la description d’un processus de décision où :
    (a) Le décideur choisit à partir d’hypothèses de type « H » (de H1 à Hn) la décision « x » plutôt que d’autres décisions « y », « z »… car elle est supposée permettre d’aboutir au résultat A, qu’il considère comme plus souhaitable que B, ou C…
    (b) Les hypothèses de type « H » sont considérées comme ayant un rapport raisonnable avec l’état réel de l’environnement.
    C’est la combinaison de ces DEUX hypothèses (a) et (b) qui permettent de parler d’une décision « rationnelle ». Si nous avons seulement (a), le processus de décision est logique mais pas rationnel. Il y a en effet des postures logiques qui sont pathologiques (chez les paranoïaques par exemple). Si nous avons (b) mais pas (a), nous sommes en présence d’un décideur « réaliste » mais « incohérent logiquement », ce qui arrive pour des situations où des conflits d’intérêts et de personnes ne permettent pas de stabiliser la définition de l’objectif souhaité
    ." Jacques Sapir, Uchronie et réalisme. Ou comment diverger sans divaguer.
    3. Données INSEE sur les exportations et importations de la France dans le monde.

    vendredi 13 mai 2011

    Le sacrifice suprême au service de la paix : les morts de l'ONU.


    Source : ONU.
    Depuis la création de l'ONU, 2900 médailles Dag Hammarskjöld ont été décernées. Malheureusement, pour l'ensemble des titulaire de cette récompense mise en place sous Kofi Annan, celle-ci n'est décernée qu'à titre posthume aux membres de l'ONU décédés au cours d'une mission de maintien de la paix.




    I. Les pertes : statuts des tués et causes des décès. 



    SOBOCINSKI Antoine.
     
    Si 69 % des décès furent accidentels ou dus aux maladies, les morts violentes ne représentant que 26 % des décès, les militaires et les observateurs militaires (les casques bleus) avec un effectif de 2207 morts constituent la grande majorité (soit 76 %) de cette "population". 


    Les personnels civils, si l'on n'y intègre pas les membres des forces de police, représnetent une part non négligeable des pertes avec 489 tués. On remarqura que les pertes autochtones sont plus nombreuses.



















    SOBOCINSKI Antoine

    SOBOCINSKI Antoine.
    Les graphiques ci-contre (dont 2 avec des échelles logarithmiques) représentent pour chaque année le nombre de décès et la cause de ceux-ci. Si l'on excepte les années 1961 (105/155 †) et 1993 (127/282 †), les pertes par mort violente (dont la première victime fut le commandant français René de Labarrière (1899-1948)) sont relativement rares par rapport aux morts accidentelles dont l'élément emblématique est la décimation de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) lors du séisme du 12 janvier 2010. À l'exception des années 1961, 19931-1995, le nombre de décès ne fut jamais supérieur à 100 jusqu'à l'année 2003. Depuis, sept années ont dépassé cette limite. 





    II. Les contributions étatiques et les pertes par État.







    99 210 militaires, experts militaires et policiers servaient à la date du 31 mars au sein des différentes missions de l'ONU. Les principaux contributeurs, qui fournissent plusieurs milliers d'hommes, jusqu'à 10 600 pour le Bangladesh, 10 580 pour le Pakistan ou encore 8 657 pour l'Inde, sont tous des pays du Sud avec une belle concentration sud-asiatique et 4 des 5 membres de club des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Les pays du Nord contribuent moins en terme de force mais financent largement les opérations. Cette moindre participation humaine s'explique par le fait que les indemnités que versent l'ONU ne couvrent pas le coût d'un soldat « occidental » tandis que les autres pays acquièrent ainsi de l'expérience et des financements. Malgré tout, la participation de l'Italie, de la France et de l'Espagne n'est pas si négligeable avec respectivement 1 744, 1 471 et 1 113 hommes fournis2. Si les contributions occidentales sont plus faibles, les pertes accumulées au cours de l'histoire laisse transparaitre un certain équilibre. Trente-quatre États ont fournis 74,83 % des pertes onusiennes avec une « contribution » égale ou supérieure à 1,0 % chacun.



    SOBOCINSKI Antoine.
    Le « top 10 » est le suivant :
    1. Inde (4,83 %)
    2. Ghana (4,41 %)
    3. Pakistan (4,21 %)
    4. Canada (4,17 %) 
    5. Nigeria (3,97 %) 
    6. France (3,72 %) 
    7. Bangladesh (3,62 %) 
    8. Royaume-Uni (3,52 %) 
    9. Irlande (3,10 %) 
    10. Zambie (2,48 %). 

    SOBOCINSKI Antoine




     Signalons que le Canada ne fournit plus que 221 hommes alors que ses participations étaient bien plus importante anciennement3.




    Notes.
    1. Année record avec 252 morts. 
    2. Ils se retrouvent presque tous au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).
    3. Géopolitique le débat, émission RFI du 27 février 2011.




    Sources.
    Statistiques de l'ONU sur les pertes.
    Contributions des États : Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix

    lundi 2 mai 2011

    Vers une confédération belge ?

    La crise politique qui touche le royaume fédéral de Belgique depuis un an maintenant (pour l'absence de gouvernement) pose la question de la survie de la Belgique. L'affrontement entre les deux principales communautés de cet État, Wallons francophones contre Flamands néerlandophones, n'a pour ainsi dire aucune chance de déboucher sur un compromis. De nouvelles élections amèneraient également un renforcement des positions des indépendantistes flamands et donc une continuation du blocage politique voire à une sécéssion à plus ou moins long terme.
    Le gouvernement "des affaires courantes" d'Yves Leterme dirige le pays depuis un an grâce aux nombreuses compétences relevant des régions. Aussi, il ne parait pas absurde d'imaginer une large réforme constitutionnelle (pour ne pas dire bouleversement) amenant la formation d'un État confédéral avec le roi comme liant et les fonctions régaliennes (affaires étrangères, défense et justice) dépendant d'un gouvernement confédéral dont les membres tourneraient tous les six ou douze mois. L'ensemble des fonctions sociales et économiques dépendant des régions, comme le veulent les Flamands. Les Wallons ne disposeraient plus des transferts financiers actuels, à eux de trouver une solution (la concentration des structures confédérales, l'armée en particulier, en Wallonie pourrait être une partie de la solution). Par contre, la région disputée de Bruxelles deviendrait un district européen, la capitale confédérale pouvant être Namur ou Liège -capitale politique en Wallonie, la capitale économique en Flandre.
    Le problème avec une telle solution, c'est la faiblesse des structures "macroétatiques", la séparation définitive n'étant pas loin.

    A lire :

    mardi 5 avril 2011

    France, Japon & développement durable.

    Différents séismes et tsunamis (dont principalement le dernier en date, celui du 11 mars 2011) ont amené la destruction ou le ralentissement des centrales nucléaires japonaises, entrainant de facto une pénurie d'énergie électrique. La menace sismique étant élevée, la construction de centrale nucléaire au Japon est une absurdité, un manque total de prise en compte des risques dans un pays qui ne connait que trop bien les effets nocifs du nucléaire1. Bien qu'il aurait été difficile de remplacer une telle source d'énergie si ce n'est par des moyens bien plus polluants (charbon), la question ne se pose pas quand on sait que le nucléaire ne couvre que 29 % (soit 45 000 MW) des besoins énergétiques du Japon (qui a besoin de 8 500 kWh/an/personne contre 7 400 kWh pour la France en 2009)2.


    Les énergies renouvelables ne représentent que 10 % de la capacité énergétique du Japon2, la France produit en 2008 14,4 % de son électricité à partir d'énergies renouvelables, la Lettonie 41,2 %, l'Islande 109,4 % (géothermie)3. Même si le Japon est en retard en terme de production, cela n'est absolument pas le cas en terme de R&D. En effet, les entreprises japonnaises, entre 2000 et 2005, ont déposé 23 % des brevets concernant l'éolien (second derrière l'Allemagne), 50 % (1er mondial) pour le photovoltaïque et 60 % (1er) pour la pile à combustible4. Aussi, si le Japon ne dispose pas actuellement d'une capacité gigantesque en terme de production, il a les capacités techniques pour les augmenter de manière conséquentes et de se maintenir en tête du secteur industriel le plus prometteur.


    Malgré tout, si les énergies renouvelables sont un moyen de rendre plus ou moins indépendant énergiquement, il reste un problème de taille. En effet, la Chine dispose de plusieurs atouts : outre une main d'oeuvre peu coûteuse qui permet à l'entreprise Suntech d'être le leader mondiale dans le photovoltaïque, la Chine contrôle l'essentiel de la production mondiale des terres/métaux rares sur Terre, éléments indispensables aux hautes technologies5. On ajoutera à terme (avec l'Inde) le plus gros foyer d'ingénieur au monde. Or, la rivalité avec le Japon peut poser/posera problème à plus ou moins long terme en matière de concurrence.


    Quant à la France, celle-ci est malheureusement à la ramasse (excusez l'expression) en menant une politique industrielle ne  soutenant pas le développement des énergies renouvelables, au détriment de notre économie nationale. En effet, pour les brevets sur :
    • l'éolien, nous sommes 10ème ;
    • le solaire, 10ème (0,8 % des brevets) ;
    • les piles à combustible, 8ème (1 %).
    Lors de la mise en place des plans de relance lors de la crise économico-financière de 2008, la France n'a affecté que 8 % de ces financements aux énergies renouvelables contre 19 % pour l'Allemagne, 34 % pour la Chine et 69 % pour la Corée du Sud (qui est 2ème pour les brevets sur le photovoltaïque, 4ème pour les piles à combustible, 6ème pour l'éolien) 6!


    Je finirai en disant que si le Japon met les moyens nécessaires, la reconstruction des zones sinistrées pourrait être l'occasion d'édifier un  modèle durable. Malgré tout cela demandera également une vie plus sobre énergétiquement. On se demandera également quelles seront les conséquences sur Tepco et ses dirigeants bien que l'on puisse être pessimiste quand on voit ce qui s'est passé en Hongrie après la coulée de boue rouge (voir le dernier Monde diplomatique, p. 7).
    Je signale au passage que le Monde diplomatique du mois d'avril publie un interessant dossier (entre autres) sur le problème du nucléaire.




    Notes.
     1. Voir, ou plutôt écouter à ce propos, l'émission Planète Terre du 30 mars 2011 (France Culture). Page sur le sujet sur le bloc-note de l'émission.
    2. Le Japon, puissance nucléaire et culture du risque .
    3. Données Eurostats.
    4. Guillaume SAINTENY, "Les enjeux géopolitiques des énergies renouvelables", Questions internationales n°45, Paris, La Documentation française, septembre-octobre 2010.
    5. Olivier ZAJEC, "Comment la Chine a gagné la bataille des métaux stratégiques", Le Monde diplomatique, Paris, SA Le monde diplomatique, novembre 2010. Lien internet.
    6. G. SAINTENY, ibid

    samedi 19 mars 2011

    L'intervention aérienne en Libye (19 mars 2011).


    Les cartes ont été actualisées et corrigées.



    Les États-Unis d'Amérique viennent d'entrer en action en lançant des frappes navales contre des objectifs militaires pouvant empêcher le bon déroulement des opérations aériennes.
     
    Forces de la coalition.
    • Royaume-Uni :  appareils de combat Eurofighter Typhoon (AA essentiellement) et Tornado (attaque au sol), Awacs, ravitailleurs. Frégates HMS Cumberland et HMS Westminster. 
    • Canada : NCSM Charlottetown. 7 CF-18, 2 CC-177 Globemaster, 2 CC-130J Hercules. 
    • Italie : bases aériennes, navires : contre-torpilleur Andrea Doria, navire-ravitailleur Etna, frégate Euro, patrouilleur Libra. 
    • Norvège : F-16 après autorisation du Parlement (?). 
    • Danemark : 6 F-16 arrivés en Italie. 
    • Belgique : 6 F-16 + 1 frégate (?). Chasseur de mines Narcis. 
    • Espagne : soutien naval et aérien : frégate F-100 Méndez Nunez, sous-marin S-74 Tramontana, avion de surveillance maritime CN-235.  
    • Pays-Bas : NC.
    •  France : Rafales & Mirages 2000. Frégate AA Forbin & Jean-Bart. À partir de lundi : Porte-avions Charles de Gaulle, frégates Dupleix (ASM) et Aconit, pétrolier ravitailleur La Meuse.  
    • États-Unis d'Amérique : participation navale avec lancement de missiles de croisières.
    Le Portugal,  la Suède, la Pologne, la Finlande, etc soutiennent  l'intervention en Libye n'y participent pas.
    À priori, Chypre ne s'oppose pas à l'utilisation de la base d'Akrotiri tandis que Malte refuse toute participation alors que le porte-avion fixe de la Méditerranée aurait permis de raccourcir de manière importante les délais d'intervention. 

    Dans son dernier discours, Khadafi a menacé d'attaquer des "objectifs civils et militaires en Méditerranée" mais cela est peu crédible car la marine est très faible comparativement à la flotte coalisée, en particulier lorsque le groupe aéronaval français sera en position. Pour ce qui est des attaques aériennes, Khadafi dispose peut-être d'un très léger créneau mais les forces aériennes coalisées bloqueront rapidement toutes les tentatives libyennes. Enfin, l'ouverture des dépôts d'armes est inutile puisqu'aucune intervention terrestre n'est prévue.

    Sources:
    Pour une analyse critique de l'intervention, voir le dernier papier de Philippe Leymarie sur son bloc-note, Défense en ligne.
    Enfin, pour des compléments sur la situation et les matériels, voir le bloc-note de Stéphane Mantoux (membre de l'Alliance géostratégique).

      vendredi 18 mars 2011

      L'intervention en Libye : état de la situation.



      Avec le vote par le Conseil de sécurité (CS) de l'ONU de la résolution 1973, l'usage de la force contre le régime libyen de Khadafi est désormais possible. Ce vote a été rendu possible par l'abstention des 5 États (sur les 15 que comporte le CS) qui y sont plus ou moins opposés : Russie, Chine, Allemagne, Argentine et Brésil. La non-utilisation du veto par la Chine et la Russie montre l'importance de la pression internationale qui pesait sur ces deux États.
      Actuellement, les États participants à la coalition sont :
      • les États-Unis d'Amérique ;
      • le Canada, avec 6 bombardiers ;
      • les Émirats Arabes Unis ;
      • le Qatar ;
      • la Belgique ;
      • la Norvège ; 
      • le Danemark 
      • la France ;
      • le Royaume-Uni.


      Ces deux derniers États forment le fer de lance de la coalition. Ils peuvent intervenir depuis le territoire métropolitain français (bases aériennes d'Istres et de Solenzara) et des bases (après autorisation) de la RAF à Malte et d'Akrotiri (Chypre). Il est possible que le porte-avion Charles de Gaulle appareille de Toulon pour la Libye lundi prochain.
      La participation de la Norvège est un signe fort car cet État est très "légaliste" en terme d'intervention militaire.
      La participation italienne (elle s'est opposée à l'utilisation de la force) ne devrait être que logistique en permettant l'utilisation de certaines de ses bases. L'Espagne  va donner un certain nombre de moyens non communiqués.
      Les États-Unis d'Amérique (EUA)  vont participer mais on ne sait pas avec quels moyens bien que ces derniers viendront nécessairement de la 6ème flotte.
      La participation de différents États de la Ligue arabe était la condition sine qua non. Dans le cas où l'Arabie Saoudite participerait, on peut se poser la question du lieu de refuge de Khadafi s'il devait se retirer.

      La participation de la France impliquant celle du Rafale, cela devrait lui faire une excellente publicité. Quant à l'Eurofighter Typhoon, qui sera sûrement engagé, cela constituera sa première intervention sur un territoire  d'opération extérieure.


      Sources :

      vendredi 11 mars 2011

      Premières réflexions sur le séisme au Japon.

      Bien qu'inférieur en puissance par rapport au tremblemment de terre de 2004 (8,9 contre 9,1 sur l'échelle de Richter) dont le tsunami consécutif avait fait environ 230 000 morts, le seisme et le tsunami qui viennent de frapper le Japon n'ont fait "que" moins de 100 morts et disparus (pour le moment). Le bilan matériel sera lourd mais les bâtiments parasismiques ont résisté en majorité, les réacteurs nucléaires sont intacts etc ; les principaux dégats sont provoqués par le tsunami. Mais s'ils avaient eu lieu dans les pays moins riches du Pacifique-sud, le bilan humain et matériel serait des centaines, voire plus certainement, desv milliers de fois plus élevé. 
      Cela pose là encore la question du fossé monumental qui oppose les pays du "Nord" et du "Sud" en matière de prévention et de réaction face aux catastrophes naturelles. En particulier dans cette région du Pacifique où la population est extrêmenement nombreuse.

      => Se conférer par exemple  à l'atlas de Virginie RAISSON.

      lundi 7 mars 2011

      Petite géopolitique des Jeux olympiques modernes.


      Le sport est un élément non négligeable de la géopolitique puisque les oppositions entre États se répercutent dessus comme le montre par exemple les boycotts de manifestations sportives (très visible durant la Guerre froide) ou encore le fait qu'Israël soit membre de l'UEFA et non de l'AFC. L'attribution des Jeux olympiques est l'occasion d'une compétition féroce entre les villes candidates du fait du prestige de cette compétition. Aussi, l'étude de la localisation de ces événements exceptionnels permet de voir les rapports de force.


      Comme le montre ce graphique, l'Europe domine largement mais cela s'explique aisément par le fait que c'est le foyer des JO et l'ancien centre de gravité mondial, particulièrement avant la seconde guerre mondiale1 ; un nombre suffisant d'États susceptibles d'accueillir les JO, l'Amérique du Nord ne disposant que du Canada et des États-Unis d'Amérique ; une bonne concentration de sportifs et une bonne capacité financière.

      Ce dernier élément, qui va de paire avec la puissance étatique, est primordial car les dépenses demandées par ce genre d'évènement sont somptuaires pour montrer la puissance de la ville d'accueil – certaines villes ont accueillie à plusieurs reprises les Jeux olympiques comme le montre l'exemple de Londres (3 fois) – et de l'État. Cela explique l'absence de toute olympiade en Afrique, leur rareté en Asie, la quasi-totalité s'étant déroulés au Japon ou en Corée du Sud. L'Australie a obtenu deux olympiades ce qui s'explique par sa puissance économique, son importance géopolitique en Océanie mais aussi une faible visibilité mondiale.

      Les États-Unis d'Amérique ont accueilli le plus d'olympiades, ce qui s'explique très simplement par l'hégémonie de cet État sur le monde et la possibilité d'accueillir les deux types (été & hiver) au contraire d'autres pays. La France suit, ce qui s'explique par le fait que c'est un Français, le baron Pierre de Couvertin, qui a remis au goût du jour cette compétition, son importance géopolitique et sa capacité d'accueil.

      Le Brésil et la Chine ont/vont accueillir les Jeux olympiques, ce qui coorespond à leurs montées en puissance sur l'échiquier mondial.


       Du fait de leurs importances grandissantes, l'Asie et l'Amérique du Sud devraient accueillir de plus en plus fréquemment des olympiades au détriment de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Pour ce qui est de l'Afrique, il est difficile d'imaginer que la flamme olympique ne s'y pose avant 2040-2050 pour le moment. Malgré tout, l'Europe dominera toujours du fait de son avance considérable : il faudrait 400 années pour que tous les continents soient à son niveau.



      État JO été JO été (%) JO hiver JO hiver (%) Cumulé Cumulé (%)
      Afrique 0 0,00% 0 0,00% 0 0,00%
      Océanie 2 7,14% 0 0,00% 2 4,00%
      Asie 3 10,71% 2 9,09% 5 10,00%
      Amérique 7 25,00% 6 27,27% 13 26,00%
      Europe 16 57,14% 14 63,64% 30 60,00%
      Total 28 100,00% 22 100,00% 50 100,00%




       Sources.
      • www.fr.wikipedia.org.

       Notes.

      1Période ne figurant pas sur le graphique.